[{"data":1,"prerenderedAt":76},["ShallowReactive",2],{"hreflang:/p/p1-la-prehistoire/ch/p1ch4-lage-du-bronze-et-les-premices-du-fer":3,"chapter:p1ch4:fr":7,"chapters:p1:fr":48},{"fr":4,"en":5,"es":6},"/p/p1-la-prehistoire/ch/p1ch4-lage-du-bronze-et-les-premices-du-fer","/en/p/p1-prehistory/ch/p1ch4-the-bronze-age-and-the-dawn-of-iron","/es/p/p1-prehistoria/ch/p1ch4-la-edad-del-bronce-y-los-albores-del-hierro",{"period":8,"chapter":29},{"id":9,"title":10,"titleEn":11,"titleEs":12,"range":13,"rangeEn":14,"rangeEs":15,"covers":16,"coverArtworkId":24,"cover":25},"p1","La Préhistoire","Prehistory","Prehistoria","≈ –1 000 000 à –600 av. J.-C.","≈ 1,000,000 BC → 600 BC","≈ 1 000 000 a. C. → 600 a. 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C’est sur cet héritage que s’ouvre, vers \u003Cstrong>-2500\u003C/strong>, un nouveau chapitre technique et social de la préhistoire française : celui des métaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Cet héritage n’est pas seulement matériel. Les fouilles de la fin du Néolithique, à Bergheim comme à Lattes, avaient déjà révélé une société où la violence collective et l’inégalité funéraire s’installaient durablement. Le passage du jade poli au cuivre, puis au bronze, ne fait que prolonger et amplifier cette logique : la rareté d’un matériau, et la distance parcourue pour se le procurer, continuent de fonder le prestige d’une minorité, tandis que le reste de la population demeure largement à l’écart de ces circuits d’échange.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce chapitre est dominé par l’émergence progressive d’une aristocratie guerrière, dont le pouvoir et le statut social se lisent directement dans le mobilier funéraire : armes de bronze puis de fer, parures d’or, objets importés de contrées lointaines. Des tumuli princiers d’Armorique aux tumuli hallstattiens de Bourgogne, en passant par la rupture funéraire des champs d’urnes, la France de l’âge des métaux voit se construire, tombe après tombe, dépôt après dépôt, les fondations d’une société hiérarchisée que rien, dans les millénaires précédents, n’annonçait avec une telle netteté.\u003C/p>\n\u003Cp>Trois grands axes structurent cette période de près de deux millénaires. Le premier est technique : du cuivre campaniforme au bronze armoricain, puis du bronze aux premiers alliages de fer du Hallstatt, chaque innovation métallurgique redistribue les cartes du prestige social. Le second est commercial : la route de l’étain reliant l’Armorique et les Cornouailles à la Méditerranée, la route de l’ambre depuis la Baltique, et les grands dépôts atlantiques comme celui de Vénat, dessinent un réseau d’échange à l’échelle du continent, bien avant que la France n’entre dans l’histoire écrite. Le troisième, enfin, est funéraire : de l’inhumation individuelle sous tumulus à la crémation généralisée des champs d’urnes, puis au retour de tombes aristocratiques spectaculaires au Hallstatt, les pratiques autour de la mort évoluent constamment, reflet fidèle des mutations sociales en cours.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce chapitre s’achève au seuil d’une bascule décisive : vers \u003Cstrong>-600\u003C/strong>, tandis que le Mont Lassois amorce sa fortification en Bourgogne et que se multiplient, de la France à l’Allemagne du Sud, les résidences princières hallstattiennes, des marins grecs venus de Phocée fondent sur les rives de la Provence la cité de Marseille. Le monde celtique, jusque-là tourné vers ses propres réseaux d’échange continentaux, s’apprête à s’ouvrir durablement à la Méditerranée — un tournant qui ouvrira, dans le chapitre suivant, l’histoire proprement méditerranéenne de la France antique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>I. ~-2 300 à -1 600 av. J.-C. : la naissance de l’âge du Bronze en Armorique\u003C/h2>\n\u003Cp>Avant même que le bronze ne soit maîtrisé, un vaste courant culturel avait déjà bouleversé l’Europe occidentale : le phénomène campaniforme, caractérisé par une céramique en forme de cloche ornée de motifs géométriques, se diffuse entre environ \u003Cstrong>2900 et 1900 av. J.-C.\u003C/strong>, les exemplaires les plus anciens — datés de \u003Cstrong>2800 à 2500 av. J.-C.\u003C/strong> — apparaissant en péninsule Ibérique et dans l’est de la France. Ce courant campaniforme véhicule déjà, avant le bronze proprement dit, un système de biens de prestige : poignards de cuivre de forme triangulaire, pointes de projectile taillées dans le même métal, parures d’or destinées à distinguer une minorité. En Languedoc, l’activité métallurgique est attestée dès cette période campaniforme ; ailleurs en France, sa diffusion précède généralement toute trace locale de métallurgie. Cette logique n’est pas nouvelle : elle prolonge directement celle du jade alpin qui, au Néolithique final, distinguait déjà une élite par la rareté et l’origine lointaine des objets échangés — seul le matériau change, du jade poli au cuivre puis au bronze.\u003C/p>\n\u003Cp>C’est en Bretagne que cette logique prend, au tout début de l’âge du Bronze, sa forme la plus spectaculaire. Datée d’environ \u003Cstrong>2150 à 1600 av. J.-C.\u003C/strong>, avec un possible débordement vers le Bronze moyen jusque vers \u003Cstrong>1350\u003C/strong>, la culture dite des \u003Cstrong>Tumulus armoricains\u003C/strong> rassemble plus d’un millier de sépultures documentées en Basse-Bretagne. L’architecture funéraire y est d’une grande diversité, depuis de simples fosses jusqu’à des tumuli monumentaux atteignant plusieurs dizaines de mètres de diamètre. La majorité des défunts sont inhumés individuellement, le corps replié sur le côté, la tête orientée vers l’est. Une minorité de tombes, en revanche, se signale par une accumulation de richesses sans équivalent en Europe occidentale à cette époque : pointes de flèche finement taillées, armes de bronze, parures d’or et objets exotiques, certaines sépultures réunissant jusqu’à \u003Cstrong>dix poignards\u003C/strong> dans un même caveau. Ces poignards armoricains obéissent à une typologie reconnaissable, marquée par des rainures parallèles le long des lames et par six trous de rivet destinés à fixer le manche.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ad/Dagger_Early_Bronze_Age.jpg\" alt=\"Poignard du Bronze ancien de la culture des Tumulus armoricains\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Légende : Poignard triangulaire du Bronze ancien (~1800-1500 av. J.-C.), culture des Tumulus armoricains — José-Manuel Benito Álvarez, domaine public, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le tumulus de Kernonen, à Plouvorn dans le Finistère, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Brest, offre l’exemple le mieux documenté de cette aristocratie naissante. Daté d’environ \u003Cstrong>2150 à 1800 av. J.-C.\u003C/strong>, le site est exploré une première fois en \u003Cstrong>1901\u003C/strong> par \u003Cstrong>Paul du Châtellier\u003C/strong>, avant d’être largement endommagé ; une fouille de sauvetage y est menée en \u003Cstrong>1966\u003C/strong> par \u003Cstrong>Jacques Briard\u003C/strong>. Sous un cairn haut de deux mètres se trouvait une chambre funéraire rectangulaire de 4,70 mètres sur 1,40 mètre, fermée par une énorme dalle de granite. Trois coffrets de bois de chêne y renfermaient quatre haches de bronze, trois poignards de bronze à fourreau d’écorce dont le manche de bois porte un décor géométrique de clous d’or, un collier de perles d’ambre, un brassard d’archer, ainsi qu’une quarantaine de pointes de flèche en silex — un ensemble qui, à lui seul, illustre l’ampleur des moyens mobilisés pour honorer un défunt de haut rang.\u003C/p>\n\u003Cp>La recherche sur cette période s’inscrit dans une continuité générationnelle typiquement bretonne. \u003Cstrong>Pierre-Roland Giot\u003C/strong> (1919-2002), déjà rencontré comme directeur de la fouille du cairn de Barnenez entre 1955 et 1968, avait auparavant dirigé lui-même, en \u003Cstrong>septembre 1953\u003C/strong>, la fouille du tumulus de Kervingar, à Plouarzel dans le Finistère, avec le vétérinaire Louis L’Hostis — un chantier qui livre l’une des toutes premières datations au radiocarbone de la région (GrN-1670, 3550 ± 50 BP, soit environ \u003Cstrong>1600 av. J.-C.\u003C/strong>). Giot passe ainsi directement de Kervingar à Barnenez ; parmi ses élèves figure Jacques Briard, celui-là même qui reprendra en 1966 la fouille de Kernonen. Cette filiation scientifique se double d’une diversité des pratiques funéraires elles-mêmes, qu’illustre le tumulus de Saint-Fiacre, à Melrand dans le Morbihan : daté par radiocarbone à environ \u003Cstrong>1950 av. J.-C.\u003C/strong>, exploré dès \u003Cstrong>octobre 1897\u003C/strong> par Paul Aveneau de La Grancière et classé monument historique en 1972, ce tertre circulaire de 50 mètres de diamètre et 5 mètres de hauteur renfermait la sépulture à crémation d’un chef dont le poignard, au manche entièrement incrusté de petits clous d’or, témoigne du même goût aristocratique pour l’ostentation — un mobilier acquis en 1926 par l’\u003Cstrong>Ashmolean Museum\u003C/strong> d’Oxford, preuve de la diffusion internationale précoce des collections bretonnes.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>II. ~-1 600 à -800 av. J.-C. : du Bronze moyen aux champs d’urnes du Bronze final\u003C/h2>\n\u003Cp>Le Bronze moyen français (~-1600 à -1350) laisse, comparé à la profusion des tumuli princiers armoricains, des traces archéologiques nettement plus rares — mais un site du Languedoc suffit à illustrer l’ampleur des réseaux d’échange déjà en place. La grotte du Collier, à Lastours dans l’Aude, fouillée en \u003Cstrong>1961\u003C/strong>, a livré la sépulture d’une fillette d’environ sept ans, datée d’environ \u003Cstrong>-1500\u003C/strong>, parée de bijoux de bronze (bracelets, éléments de pectoral), de perles en pâte de verre et de pièces d’ambre — perles, plaque multiperforée et pendentif. La plaque, d’un type dit \u003Cem>Kakovatos\u003C/em>, du nom d’un site mycénien du Péloponnèse, porte le même motif oculaire gravé que le pendentif : la composition de l’ambre confirme son origine balte, révélant un contact, via cette enfant enterrée à des milliers de kilomètres de la Baltique, entre le nord de l’Europe et le monde mycénien de Méditerranée orientale.\u003C/p>\n\u003Cp>À cette phase relativement discrète succède, à partir d’environ \u003Cstrong>-1350\u003C/strong>, une rupture funéraire majeure : la culture dite des \u003Cstrong>champs d’urnes\u003C/strong> généralise la crémation, remplaçant l’inhumation individuelle sous tumulus qui avait dominé la période précédente. Les cendres des défunts sont désormais déposées dans des urnes regroupées par centaines dans de véritables nécropoles à ciel ouvert. Ce phénomène, dont le foyer principal se situe en Hongrie actuelle, avec des sources secondaires en Lusace, en Saxe et en Silésie, atteint d’abord le centre de la France — Nièvre, Yonne, Allier —, avant de gagner le Tarn, la plaine toulousaine et les Pyrénées, puis le Roussillon et le Narbonnais par la vallée du Rhône, marquant le début de ce que l’archéologie nomme l’âge du Bronze final, qui s’étend jusque vers \u003Cstrong>-800\u003C/strong>. Cette lecture migratoire, classique, est toutefois débattue depuis \u003Cstrong>1986\u003C/strong> : une partie de la recherche privilégie aujourd’hui l’hypothèse d’un changement endogène des pratiques funéraires plutôt que celle d’un mouvement de populations venues d’Europe centrale.\u003C/p>\n\u003Cp>L’intensité des échanges de cette période se lit dans l’ampleur de certains dépôts métalliques, dont le trésor de Vénat, découvert en \u003Cstrong>1893\u003C/strong> sur la commune de Saint-Yrieix, près d’Angoulême, en Charente, offre l’exemple le plus spectaculaire. Réunies dans un vase de 0,60 mètre de haut, \u003Cstrong>2 721 pièces\u003C/strong>, pour un poids total de \u003Cstrong>75 kilogrammes\u003C/strong> de bronze — accompagnées d’un fragment de fer et d’une petite feuille d’or —, y ont été mises au jour. Environ 30 % de ce mobilier provient de régions extérieures, tandis que 70 % relève d’une fabrication locale, parfois inspirée de modèles étrangers copiés sur place : la preuve d’un vaste réseau d’échange atlantique, courant de la Grande-Bretagne au Portugal. L’ensemble a été publié en 1981 par les archéologues \u003Cstrong>André Coffyn\u003C/strong>, Jean Gomez et Jean-Pierre Mohen dans \u003Cem>L’apogée du Bronze atlantique\u003C/em>.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p1ch4z5\">Zoom – Le trésor de Vénat, un dépôt hors norme\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette façade atlantique s’organise en particulier autour du commerce de l’étain, matière première indispensable à la fabrication du bronze et rare sur le continent. Extrait d’Armorique et de Cornouailles, il est acheminé par mer puis par voie fluviale — remontant la Loire avant de rejoindre, par relais terrestres, la vallée du Rhône en direction de la Méditerranée. Le port fluvial de \u003Cem>Corbilo\u003C/em>, mentionné plus tard par des géographes grecs à l’embouchure de la Loire, n’a jamais pu être localisé avec certitude par l’archéologie, mais des objets en bronze étamé retrouvés près de Nantes, de Toulouse et de Narbonne confirment le fonctionnement bien réel de cette route dès l’âge du Bronze. Elle prolonge, à l’échelle continentale, la logique déjà observée pour le jade néolithique puis pour le cuivre campaniforme (section I) : la valeur d’un matériau tient autant à sa rareté qu’à la distance parcourue pour l’obtenir.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’inverse de cette rupture funéraire, l’habitat témoigne, lui, d’une remarquable continuité : sur les rives des lacs de Chalain et de Clairvaux, dans le Jura, des villages sur pilotis sont occupés sans discontinuer d’environ \u003Cstrong>-4000\u003C/strong> à \u003Cstrong>-750\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/Cit%C3%A9_lacustre_N%C3%A9olithique_Chalain_et_Clairvaux.jpg\" alt=\"Reconstitution d'un habitat lacustre sur pilotis\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Légende : Reconstitution d’un habitat sur pilotis des lacs de Chalain et de Clairvaux (Jura), Musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier — Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La conservation exceptionnelle du bois en milieu humide y permet une dendrochronologie d’une précision inégalée pour cette période, offrant une chronologie absolue à la décennie près — une pirogue monoxyle de 9,35 mètres de long y est ainsi datée avec exactitude de \u003Cstrong>-959\u003C/strong>. Ces sites ont été inscrits en 2011 au patrimoine mondial de l’\u003Cstrong>UNESCO\u003C/strong> parmi l’ensemble des sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes, un rare témoignage d’habitat stable traversant sans rupture apparente les bouleversements funéraires et technologiques qui agitent, ailleurs, la France du Bronze final.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>III. ~-800 à -600 av. J.-C. : l’arrivée du Fer et les prémices du Hallstatt\u003C/h2>\n\u003Cp>Les tout premiers objets en fer circulant en France, dès les \u003Cstrong>Xe et IXe siècles av. J.-C.\u003C/strong>, restent d’une facture rudimentaire : tôles épaisses martelées, à l’image des pointes de flèche de type \u003Cem>Le Bourget\u003C/em>, petits rivets intégrés à des objets par ailleurs en alliage cuivreux, ou décors incrustés comme sur l’épée dite de Vierzon. Ce n’est qu’à partir du Hallstatt C ancien — la phase dite de \u003Cem>Gündlingen\u003C/em>, qui s’ouvre vers \u003Cstrong>-800\u003C/strong> — que des armes en fer plus élaborées apparaissent, à commencer par les épées à antennes de type Gündlingen. Il convient toutefois de nuancer une idée reçue tenace : le fer, plus abondant que le bronze, n’entraîne pas pour autant une démocratisation immédiate de l’outillage. Les études les plus récentes montrent au contraire un très faible degré d’intégration du fer dans la société, et ce jusqu’au Hallstatt D1 et même à La Tène A1 — signe d’une diffusion technique bien plus lente et progressive que ne le laissait supposer l’historiographie ancienne.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p1ch4z2\">Zoom – Le bronze et le fer : deux métallurgies, deux savoir-faire\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette élite guerrière naissante se lit dans les tumuli aristocratiques du Hallstatt ancien fouillés à Poiseul-la-Ville, en Côte-d’Or, par \u003Cstrong>René Joffroy\u003C/strong>, assisté de M. Moisson et R. Paris — deux rapports préliminaires publiés en 1973 et 1978. Le même Joffroy, avec Maurice Moisson, avait mis au jour vingt ans plus tôt, en \u003Cstrong>1953\u003C/strong>, la sépulture de Vix, à quelques dizaines de kilomètres de là. Le mobilier des tumuli châtillonnais comparables à ceux de Poiseul-la-Ville comprend une grande épée en fer, un rasoir en bronze et une ciste à cordon — vase en tôle de bronze cerclé de nervures parallèles. Ces sépultures attestent l’existence d’une aristocratie guerrière hallstattienne, distinguée par la possession d’armes en fer, bien avant l’essor spectaculaire des importations méditerranéennes qui caractérisera la phase suivante du Hallstatt.\u003C/p>\n\u003Cp>C’est précisément à la charnière de \u003Cstrong>-600\u003C/strong> que cette aristocratie régionale bascule dans une autre dimension. Occupé dès le Néolithique, le \u003Cstrong>Mont Lassois\u003C/strong>, également en Côte-d’Or, prend alors une importance nouvelle : il commande un tronçon de la route commerciale de l’étain reliant la Grande-Bretagne à l’Italie — le même axe déjà emprunté par le bronze atlantique (section II). Les fouilles conduites depuis 2002 par une équipe internationale coordonnée par \u003Cstrong>Bruno Chaume\u003C/strong> y ont mis au jour un imposant rempart périphérique ceinturant la base du site et ouvert vers le nord, en direction de la Seine : un phénomène urbain précoce pour l’Europe celtique.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/88/Mont_Lassois02.JPG\" alt=\"Vue du Mont Lassois\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Légende : Vue du Mont Lassois, en Côte-d’Or — Claude Piard, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le Mont Lassois n’est pas un cas isolé : c’est à cette même date, vers -600, qu’émerge, sur un axe reliant la Bourgogne au Wurtemberg, toute une série de résidences princières hallstattiennes de ce type — le signe que le monde celtique s’ouvre alors véritablement aux échanges avec la Méditerranée. C’est cette même Méditerranée qui, au même moment et à quelques centaines de kilomètres au sud, voit des marins grecs fonder sur les rives de la Provence la cité de Marseille.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Vers \u003Cstrong>-2500\u003C/strong>, le passage du jade néolithique au cuivre puis au bronze prolonge une même logique de prestige fondée sur la rareté et l’origine lointaine des matériaux.\u003C/li>\n\u003Cli>Les tumuli princiers d’Armorique (Kernonen, Saint-Fiacre) témoignent, dès le Bronze ancien, d’une aristocratie capable d’accumuler des richesses considérables.\u003C/li>\n\u003Cli>Le commerce à longue distance s’intensifie au Bronze final : route de l’étain armoricain, route de l’ambre balte, grands dépôts atlantiques comme celui de Vénat (2 721 pièces, 75 kg).\u003C/li>\n\u003Cli>Vers \u003Cstrong>-1350\u003C/strong>, la généralisation de la crémation dans les champs d’urnes rompt avec la tradition d’inhumation individuelle sous tumulus.\u003C/li>\n\u003Cli>Le fer, apparu dès le Xe siècle av. J.-C., se diffuse lentement : contrairement à une idée reçue, il ne démocratise pas immédiatement l’outillage.\u003C/li>\n\u003Cli>Vers \u003Cstrong>-600\u003C/strong>, l’essor du Mont Lassois et des résidences princières hallstattiennes, de la Bourgogne au Wurtemberg, annonce l’ouverture du monde celtique à la Méditerranée, au moment même où Marseille est fondée par les Phocéens.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[34,37,40],{"id":35,"title":36},"p1ch4z2","Le bronze et le fer : deux métallurgies, deux savoir-faire",{"id":38,"title":39},"p1ch4z3","L'oppidum, ville fortifiée de la fin de l'âge du Fer",{"id":41,"title":42},"p1ch4z5","Le trésor de Vénat, un dépôt hors norme",true,false,"Environ -2 500 à -600 av. J.-C.","L'éveil des guerriers et des artisans : l'invention du Bronze et du Fer. 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