Commios, du trône des Atrébates à la dynastie britannique

p2

La fin de la Gaule indépendante · L’ANTIQUITÉ


Le chapitre principal évoque, en section II, le refus de Commios de se soumettre après la défaite des Bellovaques — le seul chef à ne pas déposer les armes. Ce nom n’est pas nouveau pour le lecteur de ce projet : Commios traverse déjà plusieurs chapitres précédents, d’abord comme roi client installé par César, puis comme l’un des artisans de la grande révolte de -52. Ce zoom retrace l’ensemble de son parcours, jusqu’à son épilogue le plus inattendu : la fondation d’un royaume en Bretagne insulaire.


👑 Un roi fabriqué par Rome

En -57, au terme de la campagne de Belgique, César reconnaît Commios comme roi des Atrébates — un choix alors présenté comme la récompense d’un allié fiable. La confiance est telle qu’avant sa première expédition en Bretagne insulaire, en -55, César envoie Commios en éclaireur pour convaincre les peuples bretons de ne pas résister à son débarquement. Rien, à ce stade, ne laisse présager la suite.


⚔️ La rupture et l’assassinat manqué

Lors du grand soulèvement de -52, Commios rejoint la cause gauloise et participe à l’armée de secours envoyée à Alésia — un retournement complet par rapport à son rôle d’origine. Ce choix lui vaut d’être visé par une tentative d’assassinat commanditée par Labienus, qui espérait ainsi éliminer discrètement un allié devenu gênant. Grièvement blessé mais sauvé par les siens, Commios en tire une leçon définitive : il jure de ne plus jamais se retrouver face à un Romain.


🚢 L’exil et la naissance d’une nouvelle dynastie

En -51, après l’échec de la coalition bellovaque, Commios refuse toute soumission et poursuit seul une guérilla que le cavalier romain Volusenus est chargé de réprimer. Vaincu, il choisit l’exil plutôt que la capture et traverse la Manche pour s’installer en Bretagne insulaire, où il devient roi des Atrébates locaux — un peuple homonyme de celui qu’il gouvernait en Gaule. Il y frappe sa propre monnaie depuis Calleva (l’actuelle Silchester) et fonde une dynastie que lui succèdent trois de ses fils, Tincomaros, Eppillos et Verica. Cette lignée dirigera le sud de la Bretagne pendant près d’un siècle, jusqu’à ce que Rome, sous l’empereur Claude, conquière finalement l’île en 43 apr. J.-C. — bouclant, un siècle après Commios, la boucle qu’il avait tenté de fuir.


🧠 À retenir

  • César installe Commios comme roi des Atrébates en -57, avant de l’envoyer en éclaireur en Bretagne insulaire dès -55.
  • Rallié à la révolte de -52, Commios échappe de justesse à une tentative d’assassinat commanditée par Labienus, qui le pousse à jurer de ne plus jamais affronter un Romain.
  • Vaincu en -51 face à Volusenus, il choisit l’exil en Bretagne insulaire plutôt que la soumission.
  • En Bretagne, Commios fonde une dynastie de rois atrébates (ses fils Tincomaros, Eppillos et Verica) qui perdurera jusqu’à la conquête romaine de l’île, en 43 apr. J.-C.