
De la conquête de César à la Gaule romaine · DE –50 À LA CHUTE DE ROME
Le chapitre principal ne mentionne pas Lutèce, qui ne figure pas parmi les grandes capitales provinciales — Lugdunum, Augustodunum, Nemausus — que la réorganisation augustéenne place au premier plan. C’est précisément ce qui rend son cas instructif : Lutèce illustre le sort de la grande majorité des cités gauloises, transformées sans devenir des centres de pouvoir, plutôt que celui des quelques capitales mises en avant par le récit principal.
Après la conquête césarienne, la cité des Parisii se développe sur les pentes de la colline Sainte-Geneviève, sur la rive gauche de la Seine, tandis que l’Île de la Cité conserve son rôle de noyau originel. L’urbanisme y suit le plan romain classique, organisé autour d’un axe nord-sud, le cardo, correspondant approximativement à l’actuelle rue Saint-Jacques. Au sommet de la colline, à l’emplacement de l’actuelle rue Soufflot, s’élève le forum, centre religieux et administratif de la cité.
Comme dans la plupart des cités gallo-romaines, la vie publique de Lutèce s’organise autour de monuments de spectacle et de bains publics — construits toutefois plusieurs décennies après la période augustéenne couverte par ce chapitre. Les arènes de Lutèce, édifiées vers la fin du Ier siècle après J.-C., constituent un monument hybride, à la fois amphithéâtre et théâtre, pouvant accueillir plusieurs milliers de spectateurs. Les thermes de Cluny, aujourd’hui le plus imposant vestige gallo-romain de Paris, complètent cet ensemble urbain typique.

Légende : Reconstitution des arènes de Lutèce — Jean-Camille Formigé, domaine public, via Wikimedia Commons
La prospérité de la cité repose en grande partie sur le commerce fluvial : la corporation des Nautes, bateliers marchands de la Seine, en constitue l’un des piliers économiques. Ils font édifier le Pilier des Nautes, monument sculpté mêlant divinités gauloises et romaines, aujourd’hui l’un des plus anciens témoignages sculptés connus de la Gaule romaine.