[{"data":1,"prerenderedAt":37},["ShallowReactive",2],{"hreflang:/zoom/p7ch4z11-le-protecteur-des-lettres-bibliotheque-college-de-france-et-imprimerie":3,"zoom:p7ch4z11-le-protecteur-des-lettres-bibliotheque-college-de-france-et-imprimerie:fr":7},{"fr":4,"en":5,"es":6},"/zoom/p7ch4z11-le-protecteur-des-lettres-bibliotheque-college-de-france-et-imprimerie","/en/zoom/p7ch4z11-the-protector-of-letters-library-the-college-de-france-and-printing","/es/zoom/p7ch4z11-el-protector-de-las-letras-biblioteca-college-de-france-e-imprenta",{"period":8,"chapter":27,"zoom":30},{"id":9,"title":10,"titleEn":11,"titleEs":12,"range":13,"rangeEn":13,"rangeEs":13,"covers":14},"p7","La Renaissance","Renaissance","Renacimiento","1461 → 1610",[15,18,21,24],{"filename":16,"url":17},"British_-_Field_of_the_Cloth_of_Gold_-_Google_Art_Project.jpg","https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/British_-_Field_of_the_Cloth_of_Gold_-_Google_Art_Project.jpg?width=1600",{"filename":19,"url":20},"Marignan-1515-francois1er.jpg","https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Marignan-1515-francois1er.jpg?width=1600",{"filename":22,"url":23},"ChateauDeChambord.jpg","https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/ChateauDeChambord.jpg?width=1600",{"filename":25,"url":26},"Henri_IV_Toschi_(format_original).jpg","https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Henri_IV_Toschi_(format_original).jpg?width=1600",{"id":28,"title":29},"p7ch4","François Ier : le roi chevalier et la Renaissance française (1515–1547)",{"id":31,"title":32,"chapterId":28,"html":33,"hasEn":34,"isFallback":35,"seoDescription":36},"p7ch4z11","Le protecteur des Lettres : bibliothèque, Collège de France et imprimerie","\u003Cp>François Ier joue un rôle crucial dans le développement intellectuel de la France, favorisant l’imprimerie, créant la Bibliothèque royale et fondant le Collège de France, tout en protégeant les poètes et écrivains de son temps.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🖨️ Le développement de l’imprimerie\u003C/h2>\n\u003Cp>Sous l’impulsion de François Ier, les imprimeries françaises atteignent un niveau de qualité et d’importance de tout premier ordre, publiant un nombre croissant de livres et contribuant ainsi à la large diffusion des idées humanistes dans le royaume. Le roi fonde lui-même une \u003Cstrong>Imprimerie royale\u003C/strong>, où travaillent des imprimeurs de renom comme \u003Cstrong>Josse Bade\u003C/strong>, dit Badius Ascensius, puis le grand humaniste \u003Cstrong>Robert Estienne\u003C/strong>, tous deux chargés d’établir des standards typographiques élevés. La charge d’imprimeur du roi se transmet ensuite de main en main : \u003Cstrong>Geoffroy Tory\u003C/strong> l’obtient en 1530, \u003Cstrong>Olivier Mallard\u003C/strong> lui succède en 1533, avant que \u003Cstrong>Denis Janot\u003C/strong> ne devienne à son tour imprimeur royal en 1544 — sans compter \u003Cstrong>Claude Garamont\u003C/strong>, chargé dès 1540 de graver des poinçons pour des caractères grecs.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>📖 La Bibliothèque royale\u003C/h2>\n\u003Cp>Dès 1518, François Ier décide de constituer, à Blois, un véritable « cabinet de livres », confié dans un premier temps au poète de cour Mellin de Saint-Gelais. En 1536, il franchit une étape décisive en interdisant de vendre ou d’envoyer à l’étranger le moindre livre sans qu’un exemplaire en soit d’abord remis à la Bibliothèque royale — les prémices, ni plus ni moins, du futur dépôt légal. La gestion de cette collection en pleine croissance est confiée à l’humaniste \u003Cstrong>Guillaume Budé\u003C/strong>, chargé de l’enrichir systématiquement, tandis qu’en 1540, l’ambassadeur de France à Venise, \u003Cstrong>Guillaume Pellicier\u003C/strong>, reçoit pour mission d’acheter et de faire reproduire des manuscrits vénitiens — une stratégie d’acquisition qui s’appuie ouvertement sur le réseau diplomatique du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏛️ Le Collège de France\u003C/h2>\n\u003Cp>C’est encore à l’instigation de Guillaume Budé que François Ier fonde, en 1530, le \u003Cstrong>Collège des lecteurs royaux\u003C/strong> — l’institution qui deviendra le Collège de France —, conçu comme un pôle d’enseignement du grec, de l’hébreu, du latin et des mathématiques, gratuit et ouvert à tous : une véritable innovation pour l’époque. Parmi les premiers lecteurs royaux figurent Barthélemy Masson, dit Latomus, pour le latin, ou encore Oronce Fine, géographe et astronome, chargé des mathématiques — les meilleurs savants du temps. Curieusement, si la fondation elle-même remonte bien à François Ier, la construction du bâtiment destiné à l’accueillir ne se concrétise que sous la régence de Marie de Médicis, près d’un siècle plus tard : l’institution, en somme, a précédé de très loin les murs qui devaient l’abriter.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>📚 Les bibliothèques privées\u003C/h2>\n\u003Cp>Cet élan intellectuel se propage aussi, et de façon spectaculaire, dans les bibliothèques privées des élites du royaume. Emard Nicolaï, président de la Chambre des comptes, possède une vingtaine d’ouvrages ; Pierre Lizet, président du parlement, en réunit environ cinq cents ; André Baudry, cinq cent soixante-dix-neuf ; Gaston Olivier, aumônier du roi, sept cent soixante-quinze ; l’avocat Leferon, huit cent quatre-vingt-six ; quant à Jean du Tillet, sa collection dépasse les trois mille volumes, et celle du chancelier Antoine Duprat se compte, elle aussi, en plusieurs milliers de livres. Ces chiffres, considérables pour l’époque, disent bien l’émergence d’une nouvelle élite — cette noblesse de robe pour qui posséder des livres, en latin, en grec comme en français, devient un véritable signe de prestige intellectuel, entretenu par tout un réseau de prêts et d’échanges entre bibliophiles.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>✍️ Protection des poètes et écrivains\u003C/h2>\n\u003Cp>À la cour même, François Ier entretient et protège une génération de poètes : \u003Cstrong>Clément Marot\u003C/strong>, bien sûr, mais aussi Claude Chappuys, poète et historiographe, ou Mellin de Saint-Gelais, poète de cour que l’on soupçonna même d’être l’auteur véritable de certains poèmes attribués au roi — car François Ier, lui aussi, compose à l’occasion quelques poésies et « lettres ». Sa sœur, \u003Cstrong>Marguerite de Navarre\u003C/strong>, prolonge et amplifie ce mécénat littéraire : elle protège des écrivains comme Rabelais ou Bonaventure des Périers, figure elle-même parmi les grandes plumes de la cour, autrice de nombreux poèmes et essais, et anime autour d’elle un cercle littéraire et spirituel d’une influence considérable.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🔠 Typographie et édition\u003C/h2>\n\u003Cp>Le 2 novembre 1540, une commande royale confie à \u003Cstrong>Claude Garamont\u003C/strong> la gravure de poinçons destinés à des caractères grecs — des caractères qui, à partir de 1544, servent à imprimer des éditions grecques établies à partir de manuscrits byzantins conservés à Fontainebleau. Cette innovation typographique donne naissance aux premières éditions grecques de véritable qualité produites en France, fruit d’une étroite collaboration entre imprimeurs et humanistes, et contribue à diffuser bien au-delà des cercles savants la culture grecque antique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>📜 Un héritage institutionnel durable\u003C/h2>\n\u003Cp>L’ensemble de cette politique transforme en profondeur le paysage intellectuel français : diffusion massive des livres, création d’institutions d’enseignement supérieur, soutien affirmé à la recherche humaniste — au point que la France elle-même devient, sous ce règne, l’un des grands centres intellectuels de l’Europe. Cet héritage traverse les siècles avec une remarquable continuité : le Collège de France existe toujours aujourd’hui, la Bibliothèque royale est devenue l’ancêtre direct de la Bibliothèque nationale de France, et les traditions éditoriales posées alors demeurent, pour les souverains suivants, un modèle de mécénat intellectuel. On comprend, dans ces conditions, que la postérité ait pu accoler à François Ier le titre de « père et restaurateur des lettres » : au-delà de la formule, c’est bien une vision humaniste assumée du pouvoir, où la culture devient un instrument de prestige autant qu’un bien en soi, que ce règne incarne durablement.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1518\u003C/strong> : décision de constituer un « cabinet de livres » à Blois, embryon de la Bibliothèque royale\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1530\u003C/strong> : fondation du Collège des lecteurs royaux, futur Collège de France, à l’instigation de Guillaume Budé\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1536\u003C/strong> : obligation de déposer un exemplaire de tout livre à la Bibliothèque royale, prémices du dépôt légal\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1540\u003C/strong> : commande à Claude Garamont de poinçons pour des caractères grecs\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Écrivains protégés\u003C/strong> : Clément Marot, Claude Chappuys, Mellin de Saint-Gelais, et, à travers Marguerite de Navarre, Rabelais et Bonaventure des Périers\u003C/li>\n\u003Cli>Un essor spectaculaire des bibliothèques privées chez les élites, signe d’une nouvelle culture du livre\u003C/li>\n\u003Cli>Un héritage institutionnel qui traverse les siècles : Collège de France, ancêtre de la BnF, traditions éditoriales françaises\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Cp>\u003Cstrong>Prochain zoom\u003C/strong> : Le bâtisseur : châteaux de la Renaissance et urbanisme.\u003C/p>\n",true,false,"François Ier joue un rôle crucial dans le développement intellectuel de la France, favorisant l’imprimerie, créant la Bibliothèque royale et fondant le Collège",1786625665135]