[{"data":1,"prerenderedAt":28},["ShallowReactive",2],{"hreflang:/zoom/p8ch1z3-richelieu-batisseur-intendants-mercantilisme-et-academie-francaise":3,"zoom:p8ch1z3-richelieu-batisseur-intendants-mercantilisme-et-academie-francaise:fr":7},{"fr":4,"en":5,"es":6},"/zoom/p8ch1z3-richelieu-batisseur-intendants-mercantilisme-et-academie-francaise","/en/zoom/p8ch1z3-richelieu-the-builder-intendants-mercantilism-and-the-academie-francaise","/es/zoom/p8ch1z3-richelieu-constructor-intendentes-mercantilismo-y-academia-francesa",{"period":8,"chapter":18,"zoom":21},{"id":9,"title":10,"titleEn":11,"titleEs":12,"range":13,"rangeEn":13,"rangeEs":13,"covers":14},"p8","L’Ancien Régime","Ancien Regime","Antiguo Régimen","1610 → 1789",[15],{"filename":16,"url":17},"A Stag Hunt at Versailles","https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/Martin%2C_Jean-Baptiste_%E2%80%94_A_Stag_Hunt_at_Versailles_%E2%80%94_c._1700.jpg",{"id":19,"title":20},"p8ch1","Louis XIII et Richelieu : l'affirmation de l'absolutisme (1610-1643)",{"id":22,"title":23,"chapterId":19,"html":24,"hasEn":25,"isFallback":26,"seoDescription":27},"p8ch1z3","Richelieu bâtisseur : intendants, mercantilisme et Académie française","\u003Cp>Au-delà de la lutte contre les protestants, la noblesse et les Habsbourg que racontent les huit sections de ce chapitre, Richelieu conduisit une œuvre de fond moins spectaculaire mais tout aussi durable : la généralisation des intendants dans les provinces, une politique économique interventionniste inspirée du mercantilisme, et la fondation d’institutions culturelles appelées à traverser les siècles.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👤 Les intendants, bras armé de l’État dans les provinces\u003C/h2>\n\u003Cp>Hérités de commissions temporaires employées dès le XVIe siècle, les intendants se généralisèrent et devinrent permanents à partir des années 1630, sous l’impulsion de Richelieu, pour s’étendre à la quasi-totalité des provinces du royaume. Nommés par le roi, en pratique choisis par le cardinal parmi des hommes de robe souvent roturiers plutôt que parmi la grande noblesse d’épée, révocables à tout moment et placés sous le contrôle direct du Conseil, ces commissaires cumulaient une triple compétence : la justice, avec la surveillance des tribunaux et une justice extraordinaire réservée aux affaires politiques ; les finances, avec la levée des impôts et le contrôle des comptes ; la police, enfin, avec le maintien de l’ordre public et l’approvisionnement des villes. Leurs décisions, exécutoires immédiatement et rendant compte directement au pouvoir central, en firent l’instrument privilégié d’une centralisation qui rognait d’autant l’autonomie traditionnelle des gouverneurs de province, des seigneurs locaux et des parlements.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette centralisation administrative s’accompagna d’une reprise en main des parlements eux-mêmes, dont le droit de remontrance — la faculté de retarder l’enregistrement des édits royaux — fut méthodiquement restreint par le recours aux lits de justice, où le roi venait en personne imposer l’enregistrement, et par l’exil ponctuel des magistrats les plus récalcitrants. L’ensemble de cette œuvre administrative, poursuivie et amplifiée sous Louis XIV, devait fournir à la monarchie française le squelette institutionnel de son absolutisme.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚓ Une politique économique au service de la guerre\u003C/h2>\n\u003Cp>Convaincu, comme l’exprimait sa formule bien connue, que « les finances sont le nerf de l’État », Richelieu chercha à développer l’économie du royaume selon les principes du mercantilisme : réduire les importations par le développement de manufactures royales privilégiées — les Gobelins pour la tapisserie, la Savonnerie pour les tapis, créée en 1627 —, encourager le commerce colonial par la création de compagnies telles que la Compagnie de la Nouvelle-France en 1627 ou la Compagnie des Îles d’Amérique en 1635, et développer la marine, dont la flotte de guerre passa d’une vingtaine à une soixantaine de vaisseaux de ligne. Le canal de Briare, achevé en 1642 pour relier la Loire à la Seine, comptait au nombre de ces efforts, limités mais réels, pour améliorer les infrastructures commerciales du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette politique restait cependant subordonnée aux besoins immenses de la guerre : la taille, principal impôt direct, doubla entre 1630 et 1640, tandis que la vente d’offices se multipliait pour financer l’effort militaire, alimentant une dette et un mécontentement populaire qui devaient peser lourdement sur la régence à venir. Une chambre de justice fut instituée dès 1625 pour poursuivre les financiers malhonnêtes, sans parvenir à enrayer durablement la corruption qui gangrenait la perception des impôts.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>📚 L’Académie française et le mécénat culturel\u003C/h2>\n\u003Cp>Le 29 janvier 1635, des lettres patentes donnèrent un statut officiel à un cercle informel de gens de lettres qui se réunissait depuis le début des années 1620 : ainsi naquit l’\u003Cstrong>Académie française\u003C/strong>, dont Richelieu confia l’organisation à \u003Cstrong>Valentin Conrart\u003C/strong> et qui réunit quarante membres, bientôt surnommés les « Immortels », chargés de « donner des règles certaines à notre langue ». De ces travaux devait sortir, bien après la mort de son fondateur, le premier dictionnaire de la langue française, publié en 1694 ; entre-temps, l’institution exerça une influence normative sur la littérature naissante, comme en témoignent ses « Sentiments sur le Cid », publiés en 1637 pour juger la pièce à succès de \u003Cstrong>Pierre Corneille\u003C/strong>, que Richelieu avait pourtant protégé à ses débuts.\u003C/p>\n\u003Cp>Le mécénat du cardinal se déploya aussi dans la pierre : entre 1633 et 1639, l’architecte Jacques Lemercier édifia pour lui, à Paris, le Palais-Cardinal, légué par testament à la couronne et devenu depuis lors le Palais-Royal, tandis que Richelieu faisait par ailleurs reconstruire les bâtiments et la chapelle de la Sorbonne, où il devait être inhumé. Institutions et bâtiments, restés pour la plupart en usage jusqu’à nos jours, comptent ainsi parmi les legs les plus durables d’un ministériat par ailleurs marqué par la guerre et la répression.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>À partir des années 1630, Richelieu généralisa les intendants, commissaires royaux souvent roturiers dotés d’une triple compétence de justice, finances et police, tout en restreignant le droit de remontrance des parlements par les lits de justice\u003C/li>\n\u003Cli>Sa politique mercantiliste développa manufactures royales, compagnies commerciales coloniales (Nouvelle-France 1627, Îles d’Amérique 1635) et marine de guerre, mais resta subordonnée au financement de la guerre, la taille ayant doublé entre 1630 et 1640\u003C/li>\n\u003Cli>Le 29 janvier 1635, il fonda l’Académie française, chargée de fixer la langue française, et fit édifier le Palais-Cardinal (1633-1639) par Jacques Lemercier, devenu depuis le Palais-Royal\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",true,false,"Au-delà de la lutte contre les protestants, la noblesse et les Habsbourg que racontent les huit sections de ce chapitre, Richelieu conduisit une œuvre de fond",1786625667685]