[{"data":1,"prerenderedAt":28},["ShallowReactive",2],{"hreflang:/zoom/p8ch2z11-education-et-formation-militaire-de-louis-xiv-1638-1661":3,"zoom:p8ch2z11-education-et-formation-militaire-de-louis-xiv-1638-1661:fr":7},{"fr":4,"en":5,"es":6},"/zoom/p8ch2z11-education-et-formation-militaire-de-louis-xiv-1638-1661","/en/zoom/p8ch2z11-the-education-and-military-training-of-louis-xiv-1638-1661","/es/zoom/p8ch2z11-educacion-y-formacion-militar-de-luis-xiv-1638-1661",{"period":8,"chapter":18,"zoom":21},{"id":9,"title":10,"titleEn":11,"titleEs":12,"range":13,"rangeEn":13,"rangeEs":13,"covers":14},"p8","L’Ancien Régime","Ancien Regime","Antiguo Régimen","1610 → 1789",[15],{"filename":16,"url":17},"A Stag Hunt at Versailles","https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/Martin%2C_Jean-Baptiste_%E2%80%94_A_Stag_Hunt_at_Versailles_%E2%80%94_c._1700.jpg",{"id":19,"title":20},"p8ch2","Louis XIV et l'apogée de l'absolutisme (1643-1715)",{"id":22,"title":23,"chapterId":19,"html":24,"hasEn":25,"isFallback":26,"seoDescription":27},"p8ch2z11","Éducation et formation militaire de Louis XIV (1638-1661)","\u003Cp>Né le 5 septembre 1638 après vingt-trois ans d’un mariage stérile entre Louis XIII et Anne d’Autriche, Louis-Dieudonné fut d’emblée perçu comme un enfant du miracle. Son éducation, longtemps jugée négligée dans sa petite enfance, se structura progressivement après la mort de son père en 1643, associant précepteurs lettrés, formation artistique exceptionnelle et surtout l’apprentissage direct, sur le terrain politique et militaire, d’un pouvoir qu’il devait exercer seul pendant plus d’un demi-siècle.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👶 Une éducation d’abord négligée, puis structurée\u003C/h2>\n\u003Cp>Devenu roi à quatre ans et demi, le jeune Louis XIV fut d’abord confié à des gouvernantes que Saint-Simon accusa, dans ses \u003Cem>Mémoires\u003C/em>, d’avoir « laissé [l’enfant] à des femmes et à des valets qui lui avaient tout accordé » — jugement sévère que Louis XIV lui-même semble avoir confirmé en évoquant plus tard « une ignorance assez générale » quant aux affaires de son royaume. À partir de 1644, cette éducation se structura sous la direction d’\u003Cstrong>Hardouin de Péréfixe\u003C/strong>, futur archevêque de Paris, qui lui enseigna l’histoire et les lettres en le formant explicitement à l’exemple de son grand-père Henri IV, dont il rédigea lui-même une biographie ; le philosophe \u003Cstrong>François de La Mothe Le Vayer\u003C/strong>, libertin érudit d’esprit sceptique, compléta cette formation en morale à partir de 1649. Le programme, classique pour un prince de son rang, mêlait latin, histoire, géographie et exercices physiques — équitation, escrime, chasse — où le jeune roi excellait, quand ses connaissances en sciences exactes ou en langues étrangères autres que le français restèrent, tout au long de sa vie, assez limitées.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>💃 Le « Roi danseur » : une formation artistique exceptionnelle\u003C/h2>\n\u003Cp>C’est paradoxalement dans la danse, art essentiel de la vie de cour, que Louis XIV reçut la formation la plus poussée, sous la direction de \u003Cstrong>Pierre Beauchamp\u003C/strong>, futur codificateur des cinq positions fondamentales. Le jeune roi tint son premier rôle de ballet dès l’âge de sept ans, en 1645, et continua à se produire régulièrement en public jusque vers 1670 : c’est dans le rôle d’Apollon, dieu du soleil, qu’il parut le 23 février 1653 dans le \u003Cem>Ballet de la Nuit\u003C/em> — apparition à l’origine directe du surnom de « Roi-Soleil » qui devait lui rester attaché pour la postérité. Cette compétence, reconnue par ses contemporains comme exceptionnelle, ne relevait pas du simple divertissement : elle exprimait, dans le langage codifié de la cour, la maîtrise du corps et de la grâce que le pouvoir royal entendait revendiquer jusque dans le registre physique, avant que l’âge et la dignité de la fonction ne conduisent le roi à abandonner cette pratique publique au tournant des années 1670.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ La formation militaire auprès de Turenne\u003C/h2>\n\u003Cp>L’expérience la plus formatrice de la jeunesse de Louis XIV resta cependant la Fronde, vécue entre cinq et quinze ans à travers les fuites hors de Paris, l’humiliation d’une cour tenue en échec par ses propres sujets, et le spectacle direct de la guerre civile — traumatisme dont il devait tirer la conviction qu’un pouvoir divisé était un pouvoir faible. Sur le plan strictement militaire, sa formation se fit principalement auprès du vicomte de \u003Cstrong>Turenne\u003C/strong>, resté loyal à la couronne durant la Fronde et devenu, dans les années suivantes, le principal mentor du jeune roi en matière de stratégie, de tactique et de logistique ; Voltaire devait résumer cet apprentissage d’une formule frappante : « Louis XIV apprit l’art de la guerre auprès du plus grand capitaine de son siècle. » Cette formation trouva une application pratique dès la guerre de Dévolution (1667-1668), lorsque le roi commanda en personne sur le terrain, tandis que \u003Cstrong>Vauban\u003C/strong>, dont la collaboration avec le roi s’approfondit à partir des années 1660, lui enseignait par ailleurs les principes scientifiques du siège et de la fortification qui allaient marquer durablement la conduite des guerres du règne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏛️ Les leçons politiques de Mazarin\u003C/h2>\n\u003Cp>Sur le plan du gouvernement lui-même, c’est le cardinal \u003Cstrong>Mazarin\u003C/strong> qui forma le plus directement le jeune roi, en l’admettant dès son adolescence aux séances du Conseil pour lui enseigner par l’observation directe la diplomatie, l’administration et les finances du royaume. Cette formation trouva son aboutissement dans les derniers conseils que le cardinal mourant livra à son élève en mars 1661 : gouverner seul, sans principal ministre ; se méfier des ministres même les plus fidèles ; garder un contrôle personnel sur les finances, source de tout pouvoir réel ; maintenir par tous les moyens l’unité religieuse et la soumission de la noblesse. Louis XIV devait appliquer ces principes avec une fidélité remarquable dès le lendemain de la mort de Mazarin, faisant de cette éducation politique, achevée dans l’urgence d’un dernier entretien, la matrice directe du gouvernement personnel qu’il allait exercer pendant les cinquante-quatre années suivantes.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>L’éducation initiale de Louis XIV, souvent jugée négligée par ses contemporains dont Saint-Simon, se structura à partir de 1644 sous la direction du précepteur Hardouin de Péréfixe, formé sur le modèle d’Henri IV.\u003C/li>\n\u003Cli>Le jeune roi reçut une formation artistique exceptionnelle à la danse, dansant en public jusque vers 1670 ; son rôle d’Apollon dans le Ballet de la Nuit de 1653 est à l’origine directe du surnom de « Roi-Soleil ».\u003C/li>\n\u003Cli>La Fronde, vécue entre cinq et quinze ans, marqua durablement sa conception du pouvoir en le convainquant qu’un royaume divisé était un royaume faible.\u003C/li>\n\u003Cli>Sa formation militaire se fit principalement auprès de Turenne, qualifié par Voltaire de « plus grand capitaine de son siècle », complétée par les principes de fortification enseignés par Vauban.\u003C/li>\n\u003Cli>Mazarin acheva cette formation par un testament politique délivré peu avant sa mort en 1661 : gouverner seul, se méfier des ministres, contrôler les finances — principes que Louis XIV appliqua dès le lendemain avec une remarquable fidélité.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",true,false,"Né le 5 septembre 1638 après vingt-trois ans d’un mariage stérile entre Louis XIII et Anne d’Autriche, Louis-Dieudonné fut d’emblée perçu comme un enfant du",1786625668537]