[{"data":1,"prerenderedAt":28},["ShallowReactive",2],{"hreflang:/zoom/p8ch2z13-le-grand-renfermement-mendiants-vagabonds-et-bohemiens-sous-louis-xiv-1656-1693":3,"zoom:p8ch2z13-le-grand-renfermement-mendiants-vagabonds-et-bohemiens-sous-louis-xiv-1656-1693:fr":7},{"fr":4,"en":5,"es":6},"/zoom/p8ch2z13-le-grand-renfermement-mendiants-vagabonds-et-bohemiens-sous-louis-xiv-1656-1693","/en/zoom/p8ch2z13-the-great-confinement-beggars-vagrants-and-roma-under-louis-xiv-1656-1693","/es/zoom/p8ch2z13-el-gran-encierro-mendigos-vagabundos-y-gitanos-bajo-luis-xiv-1656-1693",{"period":8,"chapter":18,"zoom":21},{"id":9,"title":10,"titleEn":11,"titleEs":12,"range":13,"rangeEn":13,"rangeEs":13,"covers":14},"p8","L’Ancien Régime","Ancien Regime","Antiguo Régimen","1610 → 1789",[15],{"filename":16,"url":17},"A Stag Hunt at Versailles","https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/Martin%2C_Jean-Baptiste_%E2%80%94_A_Stag_Hunt_at_Versailles_%E2%80%94_c._1700.jpg",{"id":19,"title":20},"p8ch2","Louis XIV et l'apogée de l'absolutisme (1643-1715)",{"id":22,"title":23,"chapterId":19,"html":24,"hasEn":25,"isFallback":26,"seoDescription":27},"p8ch2z13","Le grand renfermement : mendiants, vagabonds et Bohémiens sous Louis XIV (1656-1693)","\u003Cp>La volonté de contrôle social qui caractérisait la monarchie absolue de Louis XIV ne s’exerça pas seulement sur la noblesse ou sur les protestants : elle visa aussi, avec une sévérité croissante, les populations les plus démunies et les plus mobiles du royaume — mendiants, vagabonds, et tout particulièrement les communautés bohémiennes, alors désignées sous ce terme qui recouvrait les populations tsiganes. Cette politique, qui trouva son expression la plus dure dans l’ordonnance du 11 juillet 1682, illustre un aspect moins connu, et particulièrement sombre, de l’absolutisme louis-quatorzien.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏥 Les origines : l’Hôpital général et le grand renfermement\u003C/h2>\n\u003Cp>Le dispositif répressif contre la pauvreté et le vagabondage précéda en réalité le règne personnel de Louis XIV. Le 27 avril 1656, des lettres patentes créèrent à Paris l’\u003Cstrong>Hôpital général\u003C/strong>, regroupant plusieurs établissements — la Salpêtrière, Bicêtre, la Pitié — dont la mission affichée était de « prévenir la mendicité et l’oisiveté comme sources de tous les désordres ». Il ne s’agissait nullement d’un établissement médical, mais d’un instrument d’enfermement destiné à résoudre par la contrainte le problème des mendiants et des « cours des miracles » parisiennes, dans ce que l’historiographie a nommé le « grand renfermement des pauvres ». Un édit de 1662 généralisa cette pratique à l’ensemble du royaume, et Louis XIV devait l’étendre en 1693 à toutes les villes de France, tandis qu’un premier décret de 1666 visait déjà spécifiquement les Bohémiens de sexe masculin, condamnés à être arrêtés et envoyés aux galères sans procès.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚖️ L’ordonnance du 11 juillet 1682\u003C/h2>\n\u003Cp>Cette politique connut son durcissement le plus radical avec la déclaration royale du \u003Cstrong>11 juillet 1682\u003C/strong>, prise « contre les Bohèmes et ceux qui leur donnent retraite », dont l’objectif affiché était de « purger le royaume » de « cette engeance malfaisante ». Le texte imposait des peines d’une sévérité extrême, différenciées selon l’âge et le sexe : tous les hommes bohémiens, dans toutes les provinces du royaume, devaient être condamnés aux galères à perpétuité — peine équivalant, compte tenu de la mortalité extrême sur les galères royales, à une condamnation à mort différée ; les femmes devaient être tondues publiquement et bannies, sous peine de flagellation si elles persistaient à « mener la vie de bohémiennes » ; les enfants devaient être arrachés à leurs familles et enfermés dans des hospices pour y être élevés dans la religion chrétienne, rupture délibérée avec leur culture d’origine. Les nobles qui leur accordaient protection ou emploi s’exposaient de leur côté à la confiscation de leurs domaines — disposition qui isolait juridiquement les communautés bohémiennes de tout soutien possible au sein de la société d’ordres.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚓ Application, résistances et déclin\u003C/h2>\n\u003Cp>L’application de cette ordonnance se heurta cependant, dans la pratique, aux limites structurelles de l’administration du royaume : l’étendue du territoire, l’inégal zèle des officiers locaux, et une certaine complicité de populations rurales peu disposées à dénoncer des voisins ou des visiteurs de passage en limitèrent sensiblement la portée réelle. Les communautés bohémiennes développèrent des stratégies de survie fondées sur la mobilité et la clandestinité, échappant partiellement à une répression dont l’intensité se relâcha progressivement à partir des années 1690, à mesure que les guerres du règne détournaient l’attention et les ressources de l’administration royale vers d’autres priorités. Cette politique n’en demeura pas moins, sur le plan des principes, l’expression la plus achevée d’un absolutisme qui prétendait régenter jusqu’aux marges les plus mobiles de la société française, en assimilant de force ou en éliminant purement et simplement toute population échappant à son contrôle.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>L’Hôpital général, créé en 1656 et généralisé à tout le royaume par l’édit de 1662, institua en France le « grand renfermement » des mendiants et des vagabonds comme instrument de contrôle social plutôt que d’assistance médicale.\u003C/li>\n\u003Cli>Un premier décret de 1666 visait déjà spécifiquement les hommes bohémiens, systématiquement envoyés aux galères sans procès.\u003C/li>\n\u003Cli>L’ordonnance du 11 juillet 1682 durcit radicalement cette politique : galères à perpétuité pour les hommes, tonsure publique et bannissement pour les femmes, enfermement forcé des enfants dans des hospices chrétiens.\u003C/li>\n\u003Cli>Les nobles qui protégeaient ou employaient des Bohémiens risquaient la confiscation de leurs domaines, disposition qui isolait juridiquement ces communautés de tout soutien social.\u003C/li>\n\u003Cli>L’application de cette ordonnance resta limitée par l’étendue du territoire et par une résistance discrète des populations locales, avant de se relâcher progressivement à partir des années 1690 sous l’effet des guerres du règne.\u003C/li>\n\u003Cli>Cette politique constitue l’une des expressions les plus dures du projet absolutiste de contrôle total de la société, visant jusqu’aux marges les plus mobiles du royaume.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",true,false,"La volonté de contrôle social qui caractérisait la monarchie absolue de Louis XIV ne s’exerça pas seulement sur la noblesse ou sur les protestants : elle visa",1786625668609]