François Ier : le roi chevalier et la Renaissance française (1515–1547) · LA RENAISSANCE
François d’Angoulême, futur François Ier, naît le 12 septembre 1494 à Cognac. Sa jeunesse et son éducation humaniste le préparent à devenir l’un des plus grands mécènes de la Renaissance française.
François d’Angoulême naît le 12 septembre 1494 au château de Cognac, en Angoumois, fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie. La famille appartient à la maison de Valois-Angoulême, une branche cadette des Valois : par son grand-père Jean d’Angoulême, fils de Louis Ier d’Orléans lui-même frère de Charles VI, le petit François descend directement de Charles V — une ascendance qui, sans le désigner d’emblée comme héritier du trône, le maintient dans l’orbite immédiate de la famille royale.
Son enfance se déroule sous la direction attentive de sa mère, restée veuve très tôt et déterminée à donner à son fils l’éducation la plus complète possible : précepteurs humanistes réputés, apprentissage du français, du latin, de l’italien et de l’espagnol, initiation à l’histoire, à la philosophie, aux arts militaires et à la musique. Rien, dans cette enfance choyée à Cognac, n’est laissé au hasard.
Confié d’abord à François de Moulins de Rochefort, puis mis en contact avec des figures comme l’humaniste italien Christophe de Longueil et surtout Guillaume Budé — le grand helléniste français qui allait plus tard inspirer la fondation du Collège royal —, François reçoit une formation qui l’inscrit pleinement dans l’esprit de la Renaissance naissante. Lettres classiques, latin et grec, rhétorique, histoire ancienne et contemporaine, philosophie platonicienne et aristotélicienne nourrie d’humanisme chrétien : le programme est dense, et s’accompagne, comme il se doit pour un prince, d’une pratique assidue de l’équitation, de l’escrime et de la chasse, ainsi que d’un goût précoce pour le dessin, la musique et la poésie.
Cette double formation, intellectuelle et physique, explique en grande partie l’image que François donnera plus tard de lui-même : celle d’un roi capable de discuter avec les savants aussi bien que de charger à la tête de sa cavalerie.
Le 18 mai 1514, à dix-neuf ans, François épouse Claude de France, fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, alors âgée de quatorze ans. Ce mariage n’a rien d’une simple affaire de cœur : il unit les branches Valois-Orléans et Valois-Angoulême et, à travers la personne de Claude, duchesse de Bretagne, il prépare le rattachement définitif du duché à la couronne de France — un enjeu dynastique qui avait dominé tout le règne précédent.
Moins d’un an plus tard, le 1er janvier 1515, la mort de Louis XII fait de François, cousin et gendre du roi défunt, le nouveau souverain sous le nom de François Ier. Il n’a que vingt ans, mais son éducation l’a, de l’avis général, remarquablement bien préparé à cette charge.
Les témoignages du temps s’accordent sur quelques traits marquants du jeune roi : une prestance physique peu commune — il mesure près d’1,98 mètre —, un talent oratoire qui frappe ses interlocuteurs, une curiosité insatiable pour les arts, les sciences et les nouveautés venues d’Italie, et une générosité qui se traduira bientôt par un mécénat de grande ampleur. À cela s’ajoute une ambition de gloire et de conquête qui ne demande, en ce début de règne, qu’à trouver son terrain d’expression.
De cette personnalité naît une conception du pouvoir bien particulière : celle d’un « roi chevalier », à la fois prince guerrier et courtois, protecteur des arts dans l’esprit humaniste, qui entend poursuivre la politique italienne héritée de ses prédécesseurs tout en ouvrant plus largement encore la France aux influences de la Renaissance italienne.
Le jeune François grandit et se forme entre plusieurs résidences qui disent déjà quelque chose de ce que sera son règne. Le château d’Amboise, où il reçoit une partie de son éducation, reste sa résidence favorite de jeunesse et l’un des grands lieux de pouvoir des Valois ; celui de Blois, résidence familiale des Valois-Orléans, abrite une bibliothèque humaniste importante et fait déjà figure de centre culturel. À Paris, l’hôtel des Tournelles sert de résidence urbaine, tandis que le Louvre commence tout juste d’amorcer les transformations qui en feront, sous son règne, un palais Renaissance — sans que la cour, fidèle à la tradition des Valois, cesse pour autant d’être itinérante.
Les témoignages laissés par sa mère, par Guillaume Budé ou par les ambassadeurs étrangers en poste à la cour s’accordent à décrire une préparation exceptionnelle, l’une des meilleures éducations princières de son temps — et l’on peut y voir, rétrospectivement, le dernier grand exemple de cette formation humaniste des rois de France avant que la monarchie ne s’oriente, avec ses successeurs, vers des formes plus rigides d’exercice du pouvoir.
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