Henri II : le roi chevaleresque et les guerres de Religion (1547-1559) · LA RENAISSANCE
Dès son avènement, Henri II opère une véritable révolution de palais, écartant les hommes de son père au profit de ses propres fidèles, avant de sceller ce nouveau départ par une entrée solennelle dans sa capitale, le 16 juin 1549.
Contrairement à la continuité tranquille que suggère parfois le récit d’une succession pacifique, l’avènement d’Henri II s’accompagna d’une rupture nette avec l’ancien régime de son père. L’ancienne faction au pouvoir fut chassée sans ménagement, certains hauts responsables politiques allant jusqu’à être emprisonnés et poursuivis par la justice royale. Les places au sein du conseil et les charges honorifiques de la cour furent redistribuées aux proches du nouveau roi, qui les avait déjà rassemblés autour de lui du temps où il n’était que dauphin.
Un seul grand serviteur de François Ier traversa cette épuration sans dommage : Anne de Montmorency, confirmé dans sa charge de connétable. À ses côtés s’imposèrent des hommes nouveaux, en particulier Jacques d’Albon de Saint-André, fait maréchal et premier gentilhomme de la Chambre, et les princes lorrains de la maison de Guise — François de Guise, dont la gloire militaire allait bientôt éclater à Metz, et son frère Charles de Guise, futur cardinal de Lorraine, chargé des affaires ecclésiastiques. Autour de ce noyau se dessina un équilibre fragile entre les anciens serviteurs de François Ier, encore utiles, et les nouveaux favoris du roi, en pleine ascension.
À vingt-huit ans, Henri II entendait aussi marquer une rupture de ton avec le train de vie flamboyant de son père. Un courant d’austérité souffla passagèrement sur la cour royale : le nombre de dames d’honneur fut nettement réduit, et l’accès à la personne du roi resserré par un contrôle plus strict. Cette sobriété affichée n’empêchait cependant pas l’influence bien réelle de Diane de Poitiers, favorite du roi, qui conservait un ascendant considérable sur les nominations et les faveurs malgré ce climat de retenue — signe que le changement de style masquait, en réalité, une continuité de fond dans les mécanismes du pouvoir.
Ce fut seulement le 16 juin 1549, plus de deux ans après son sacre, qu’Henri II fit son entrée solennelle dans sa capitale — un rite politique majeur, destiné à créer un lien direct et visible entre le roi et le peuple de Paris. Le cortège traversa les rues de la ville, s’arrêtant devant les églises et les monuments les plus importants, tandis que des arcs de triomphe éphémères, ornés de représentations allégoriques et accompagnés de poèmes et de musique, ponctuaient le parcours. Au-delà du faste de la cérémonie, le message politique de cette entrée était clair : affirmer, aux yeux du peuple parisien, la continuité entre le nouveau règne et celui de François Ier, tout en installant durablement l’image du jeune souverain dans l’imaginaire de sa capitale.
Prochain zoom : La cour d’Henri II et la vie culturelle.