Le siège de La Rochelle : le rôle ambigu de François de La Noue

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Derrière le récit d’un siège classique opposant assiégeants et assiégés se cache une figure autrement plus trouble : celle de François de La Noue, envoyé par le roi lui-même pour négocier avec La Rochelle avant de s’y trouver malgré lui à la tête de sa défense.


🦾 Bras-de-Fer, capitaine au service de deux camps

François de La Noue, surnommé « Bras-de-Fer » depuis qu’un bras mécanique lui avait été confectionné par un artisan rochelais après l’amputation de son bras gauche, fracassé par une balle au siège de Fontenay-le-Comte en 1570, était l’un des capitaines protestants les plus respectés de son temps — autant par les huguenots que par la cour elle-même. C’est précisément cette double confiance qui le conduisit, en novembre 1572, à être envoyé par Charles IX pour négocier avec La Rochelle au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy. Sur place, les habitants lui demandèrent d’assurer leur défense ; La Noue accepta, avec l’accord même du roi qui l’avait dépêché — une situation pour le moins ambiguë, où l’émissaire royal devenait le chef militaire de la résistance qu’il était censé désamorcer.


⚔️ Un désaccord qui le pousse à partir

La Noue ne parvint pas à résoudre la crise par la négociation, et lorsque le duc d’Anjou — frère du roi et futur Henri III — arriva le 11 février 1573 à la tête d’une armée de vingt-huit mille hommes pour prendre en personne le commandement du siège, la situation bascula dans l’affrontement ouvert. En désaccord avec les Rochelais les plus déterminés à résister jusqu’au bout, La Noue quitta la ville dès le 12 mars 1573 pour observer la suite des opérations depuis le camp royal — un départ qui en dit long sur la complexité de son rôle, entre fidélité à la cause protestante et loyauté à la couronne qui l’avait envoyé.


💥 L’assaut manqué et le dénouement inattendu

Le siège se poursuivit sans lui durant plusieurs mois, jusqu’à l’arrivée de six mille renforts suisses le 23 mai 1573. Trois jours plus tard, le 26 mai, un assaut général lancé par les troupes catholiques tourna au désastre. Quelques jours après cet échec, le 28 mai, le duc d’Anjou apprit son élection inattendue au trône de Pologne : pressé de rallier son nouveau royaume plutôt que de s’enliser davantage devant une ville qui refusait de céder, il accorda aux Rochelais des conditions de paix inhabituellement favorables, mettant fin à un siège que ni les renforts ni les assauts n’étaient parvenus à faire aboutir par les armes.


🧠 À retenir

  • François de La Noue, dit « Bras-de-Fer » depuis l’amputation de son bras à Fontenay-le-Comte en 1570, fut envoyé par Charles IX négocier avec La Rochelle en novembre 1572, avant d’en devenir, avec l’accord du roi, le défenseur
  • 11 février 1573 : arrivée du duc d’Anjou avec 28 000 hommes pour diriger le siège en personne
  • 12 mars 1573 : La Noue quitte la ville, en désaccord avec les partisans de la résistance à outrance
  • 26 mai 1573 : un assaut général catholique échoue, quelques jours avant que l’élection du duc d’Anjou au trône de Pologne ne précipite la fin négociée du siège

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